Histoires impossibles

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Les poètes, mur ouest, grands formats.

J’ouvre page 63 :

Savoir : voir ça, ou bien ç’avoir ? C’est pourtant ce que tu sais qui ne cadre pas avec ce que tu vois. Pour la justice, la lettre est seule à sceller l’image. Une enquête ordinaire sur un monde au-dessus de tout soupçon? N’étaient jamais que faits-divers : l’individu est une cause perdue. Ou les mêmes en état prolongé de coma social. Tes lâchetés, les appelais des sacrifices. Tes reculades, itinéraire. Avec le temps, les dictionnaires aussi sentent la sueur. Si tu vaux plus que lui, pourquoi vouloir l’écraser ? Regarde leur départ en vacances. Tables pliantes, tabourets. Quand on gronde le chien, ce sont les enfants les plus ennuyés.
Bord de mer, la lumière qui saigne. Les oursins, disait-il, sont les châtaignes des profondeurs. Je me vois dans les fenêtres, dans les parapets. Ma vie ne peut être que celle des autres. Qu’importe l’air qu’ils se donnent. Ceux qui se conduisent comme des parvenus avant même d’être arrivés. Ceux qui lors d’un enterrement, visiblement s’ennuient : ils ne supportent pas que ce ne soit pas eux qu’on enterre. Quand on ajoute : etc., on oublie qu’on en fait partie, et que ce qui sort de l’ordinaire, ou que l’on note au jour le jour, en vient.

Histoires impossibles. Dominique Grandmont.
Éditions Dumerchez, Collection Double Hache, 1994. Vignette de couverture d’Olivier Debré.
Profitez-en pour faire un grand tour chez Dumerchez

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