Assassins et poètes

le

Étagère F, là-haut sous le toit. Les classiques en 10/18.

J’ouvre page 55 :

Le juge Ti lui jeta un regard perplexe.
— Mais que voulez-vous dire exactement ? lui demanda-t-il posément.
— C’était une renarde, Excellence ! Une renarde qui se faisait passer pour une jolie jeune fille, afin de mieux l’ensorceler. Et quand il fut entièrement à sa merci, elle l’a égorgé.
Devant le sourire méprisant du juge Ti, elle s’empressa de poursuivre :
— Il était envoûté, Excellence, je vous le jure ! Et il le savait, car un jour, il m’a demandé s’il y avait beaucoup de renards par ici et où ils…
— Une jeune fille aussi raisonnable que vous, coupa le juge, a mieux à faire qu’à qu’à croire à des histoires de sorcellerie. Les renards sont de charmantes petites bêtes, intelligentes et inoffensives.
— Ce n’est pas l’avis des gens d’ici, Excellence, répliqua-t-elle d’un air buté. Je vous dit qu’il a été ensorcelé par une femme-renarde. Vous auriez dû entendre les airs qu’il jouait le soir à, la flûte ! Cette mystérieuse musique portait jusqu’à l’autre bout du verger ; et je l’ai entendue alors que je coiffais la fille de mon maître.

Assassins et poètes. Robert Van Gulik. Traduit de l’anglais par Anne Krief.
Éditions 10/18, Grands Détectives, n° 1715, 1985.
Chez un fana du Juge Ti

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