Le dimanche de la vie

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Romans après Proust, bibliothèque de droite, étagère du dessous.

J’ouvre page 99 :

Elle s’assit sur une chaise, les jambes écartées, en souriant de satisfaction. La vieille dame, après avoir fait marcher l’engrangeuse avec une sûreté saisissante, suivait les évolutions des mouches au plafond. Valentin manipulait distraitement un mètre en bois qui traînait sur un comptoir.
— Qu’est-ce que vous en pensez ? demanda la vieille dame/
— Il manque deux centimètres, répondit immédiatement Valentin.
Julia jeta vers lui un coup d’œil incrédule.
— Nanette, dit-elle, ne te laisse pas impressionner. C’est moi qui le lui ai dit. C’est vrai, ajouta-t-elle en s’étirant sans se lever de sa chaise, vous vous connaissez pas.
D’un geste las, elle tendit le bras gauche :
— Mon époux, Valentin Brû, ex-soldat de deuxième classe.
Puis le bras gauche :
— Ma mère, Nanette. La veuve d’hier.
En baillant, elle ajouta :
— Et de demain.

Le dimanche de la vie. Raymond Queneau.
Éditions Gallimard, Folio, 1973 (1952).
Chez l’éditeur

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