De Dada au surréalisme.Papiers inédits.

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Rayon Aragon, en bas de la bibliothèque du milieu, au-dessus des gros dictionnaires.

J’ouvre page 119 :

Y a-t-il équivalence, je n’en sais rien. Je m’expose bien entendu en sortant des limites que vous assigniez à mon activité dans votre dernière lettre à vous mécontenter gravement. Je m’y attends. Jusqu’au ton de ceci tout vous prouve mon ingratitude. Mais il a toujours été de nos conventions qu’il n’y avait pas de gratitude entre nous, ni dans un sens ni dans l’autre. La position que j’ai prise politiquement, et que ce texte vous interdit désormais d’ignorer vous rend sans doute ma fréquentation impossible, impossible l’utilisation de mes facultés pour l’enrichissement de votre bibliothèque, où je risque d’introduire un levain politique, de votre bibliothèque qui m’apparaît aujourd’hui comme une chose absolument insensée puisqu’elle ne contient ni Babeuf, ni Blanqui, ni Marx, ni Lénine, ni Trotsky, etc., et leur préfère n’importe quelle anodine insanité littéraire parue dans ces dernières années. Encore une fois je vous dit les choses comme elles sont.
J’ai donc pensé que ceci vous rendrait impossible de m’employer. Je vous serais obligé, Monsieur, de me faire savoir s’il en est ainsi.

(Lettre à Jacques Doucet. 1927)

De Dada au surréalisme. Papiers inédits. 1917-1931. Louis Aragon.
Éditions Gallimard, Les cahiers de la NRF.
Chez l’éditeur

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