Thaïs

le

De la cave. Odeur de champignon et de bois humide.

J’ouvre page 87 :

Elle épiait dans son miroir les premiers déclins de sa beauté et pensait avec épouvante que le temps viendrait enfin des cheveux blancs et des rides. En vain, elle cherchait à se rassurer, en se disant qu’il suffit pour recouvrer la fraîcheur du teint, de brûler certaines herbes en prononçant des formules magiques. Une voix impitoyable lui criait : « Tu vieilliras, Thaïs, tu vieilliras . » Et la sueur de l’épouvante lui glaçait le front. Puis, se regardant de nouveau dans le miroir avec une tendresse infinie, elle se trouvait belle encore et digne d’être aimée. Se souriant à elle-même, elle murmurait : « Il n’y a pas dans Alexandrie une seule femme qui puisse lutter avec moi pour la souplesse de la taille, la grâce des mouvements et la magnificence des bras, et les bras, ô mon miroir, ce sont les vraies chaînes de l’amour! »

Thaïs. Anatole France. Aquarelle de Jean Traynier.
La Belle Édition. Exemplaire numéroté 1179. Pas de date d’édition. ©Calmann-Lévy 1923.
L’histoire


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