Rivaginaires 25

Avec les revues de poésie, casier transversal inférieur, au-dessus de la bibliothèque centrale. J’ouvre page 47 : Nous ne portons plus d’ombre attachée à nos pas. Le soleil nous traverse comme on traverserait un lac pris par le gel. Le ciel ne parle plus que des langues lointaines. Les écluses se sont refermées, captivant nos…

Les villes tentaculaires

Caisse en cave, à l’aveugle. Cassé. Non coupé. Il prendra place sur le mur ouest. J’ouvre page 105 : L’ÂME DE LA VILLE Les toits semblent perdus Et les clochers et les pigeons fondus, Par ces matins fuligineux et rouges, Où, feux à feux, des signaux bougent. Une courbe de viaduc énorme Longe les quais…

Les mots étaient des loups

Tout frais, sur mon chevet. J’ouvre page 107 : Nous nous sommes exclus de l’espace informe de l’air pour une terre soucieuse de combler ses excavations avec os chiffons aboiements nous avons perdu cette mobilité qui faisait de nous des choses reconnaissables à leur contour viables entre azote et asphalte nous nous sommes décolorés Égaux…

L’œuvre poétique. XV. 1964-1979

Contre le mur de l’escalier, quinze volumes gris clair. Le hasard a deux jours de retard. Le XV s’ouvre page 201 : Je t’aime par les chemins noirs comme ceux-là qui n’ont demeure Et qui marchent toute la nuit toute part à se dépenser J’inscris ton nom sur tous les murs qu’avec moi mon amour…

Mallarmé – Œuvres complètes

Au rez-de-chaussée des pléiades, à sa place chronologique. J’ouvre page 113 (nombre élégant et énigmatique) : Offrandes à divers X Sa flûte un peu de côté Il en joue et se recule L’espoir de connaître ôté A qui va cet opuscule. XI à Rodolphe Darzens. Si peu d’écume sur un golfe C’est cela ce rire…

Les plus beaux poèmes pour la paix

Poètes en cohortes (c’est à dire anthologies), mur ouest, plutôt au milieu. J’ouvre page 63 : De la cruauté du rossignol Tu m’avais demandé d’écrire sur la forêt, Je veux bien, mes pensées cependant divaguent dans l’univers de mai, c’est comme au printemps. Je sais : la radio, les journaux, l’atome, les Churchill nombreux, différents……

La lanterne de l’aubépine

Poètes sur le mur de l’ouest, rayon des petits formats, avec son bandeau vert. J’ouvre page 55 : 8 Sans cesse il me semblait tourner autour d’un lieu Absolument vide, une origine absolue Où le marronnier orné avait perdu sa place Dans la haie sur la route au-dessus des giroflées. Les copeaux blancs jaillissaient et…

Poésie 84

En cours d’emménagement sur le mur ouest, après longue relégation dans la cave. J’ouvre page 60 : Les yeux aux courbes infinies se joignent sans désignation de lieu inspirent au genet en fleurs une réticence saisonnière, que partage une glycine ; aussi eût-il été sage de ne toucher sans observer le point de rencontre entre…

L’été langue morte

Mur ouest, les poètes, grands format (rayon du milieu). J’ouvre ici – non paginé : écoute rien n’imagine d’être sauf nous et cela fait de nous la bête d’un labyrinthe d’air où chacun ne guette que lui-même entre le dit qui meurt et le non-dit qui va mourir la bouche est l’appelant de l’exprimable la…

La poésie des poètes

Anthologies du mur ouest, tout en bas à droite. J’ouvre page 73: Poème en pierre Maçon, mure les maux que le poète endure. Mure-les sans murmure : dans la pierre des mots un poème est un mur. Jean Cuttat. La poésie des poètes. 180 poèmes de 60 poètes choisis par Jacques Charpentreau. Illustrations de Frédéric…

L’ILIADE

Au rez-de-chaussée, quatre volumes juchés sur le dessus du meuble bibliothèque. J’ouvre page 105 : La déesse aux bras blancs, Héré, alors s’arrête et pousse un cri ; elle a commencé par prendre l’aspect de Stentor au grand cœur, à la voix de bronze, aussi forte que celle de cinquante autres réunis : « Honte à…

L’espace du désir

Mur poétique, à l’Ouest. Planche des grands formats. J’ouvre page 21: Qu’est-ce que des images dans lesquelles la main peut toucher l’angle d’un œil, le coin d’une petite bouche ? Le pouvoir souverain n’est rien d’autre que la capacité de réaliser ce toucher. Le roi commande à l’illusion : il transforme le tissu du songe…

J’ai connu le corps de ma mère

Poètes du mur ouest. Petits formats. Petit noir. J’ouvre page 31 : Le vertige est un baume Un baume qui me tient dans ses bras comme une enfant Les mains rouges De vie Le vertige est la mère Exilée du centre-vie J’ai connu le corps de ma mère. Gladys Brégeon. Éditions Isabelle Sauvage. Collection Présent…

Ars grammatica

Sur le mur de l’ouest, rayon des petits formats, petits livres bizarres. Non paginé: escargot écrasé semelle coquille gluante triste réalité (pour reconstituer la page, entourez les mots par des bulles et reliez-les par des fils. Vous obtiendrez ce poème, ou un autre…) Ars grammatica. David Bessis Éditions Allia. 2006, 2015. Chez l’éditeur

Vivre

Poètes du mur ouest, petits formats. Un mince fascicule agrafé, jauni. J’ouvre page 8: PEINE Écrit au camp de concentration, en janvier 1945, après une marche de cinq kilomètres dans la neige, pieds nus. Si trop battu Je laisse un jour Pencher sur neige L’âme violette Si trop battu Je laisse un jour Tourner le…

Élégies – Sonnets – Débat de la folie et de l’amour.

Poètes du mur ouest. Louise aurait pu aussi se loger dans la bibliothèque du milieu. J’ouvre page 85: Jupiter Demande qui tu voudras, et je le chargeray de parler pour toy. Folie Je te supplie donq que Mercure en ait la charge. Car combien qu’il soit des grands amis de Venus, si suis-je seure, que…