L’homme qui rit, tome 1

Littératures classiques, bibliothèque du milieu. Récemment remonté de la cave.

J’ouvre page 105 :

V

Hardquanonne

Toutes sortes d’intumescences déformaient la brume et se gonflaient à la fois sur tous les points de l’horizon, comme si des bouches que l’on ne voyait pas étaient occupées à enfler les outres de la tempête. Le modelé des nuages devenait inquiétant.
La nuée bleue tenait tout le fond du ciel. Il y en avait maintenant autant à l’ouest qu’à l’est. Elle avançait contre la brise. Ces contradictions font partie du vent.
La mer qui, le moment d’auparavant, avait des écailles, avait maintenant une peau. Tel est ce dragon. Ce n’était plus le crocodile, c’était le boa. Cette peau, plombée et sale, semblait épaisse et se ridait lourdement. À la surface, des bouillons de houle, isolés, pareils à des pustules, s’arrondissaient, puis crevaient. L’écume ressemblait à une lèpre.
C’est à cet instant que l’ourque, encore aperçue de loin par l’enfant abandonné, alluma son fanal.

L’homme qui rit. Tome 1. Victor Hugo.
Éditions Ernest Flammarion, Paris. Sans date.
Sur Babelio.

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